Cinéma Interactif

L’arrivée des premiers sites Internet a, au début des années 1990, largement contribué à ouvrir le champ de la narration audiovisuelle. Le spectateur pouvait désormais devenir acteur des histoires qu’on lui racontait. Le réel s’est, le premier, emparé de l’écriture interactive, avec l’explosion des webdocumentaires dès 2005 dont certains flirtent déjà avec la fiction - docufiction, game documentaire ou reconstitution historique. Malgré quelques tentatives (In Memoriam, Addicts, Détective Avenue), il faut attendre une certaine maturation de l’industrie avant qu’émerge un genre. Proposées essentiellement sur support individuel, celles-ci empruntent aux codes du jeu vidéo.

Quant à la salle de cinéma, elle s’est longtemps montrée hostile, souvent faute de moyens, à l’évolution de l’expérience proposée par le 7ème art. Pourtant, dès 1967, le film tchèque Kinoautomat proposait la première expérience interactive en salles : le public était invité à choisir, à neuf reprises, la suite de l’histoire. Depuis, les smartphones des spectateurs ont pris le relai pour rendre les séances interactives et participatives, démultipliant la narration et les fins possibles. Pour ces films, le smartphone n’est plus le nuisible venant déranger la quiétude de la projection, mais intervient alors comme un outil favorisant la progression de l’intrigue et l’immersion dans l’histoire. C’est ce pan moins connu de la fiction interactive que nous avons voulu mettre en lumière, avec les quatre films projetés cette année, Blind Date, Tantale, Pilule Alpha et Late Shift.

Pour profiter pleinement des expériences, les spectateurs doivent être munis de leurs smartphones personnels chargés.